Jobs étudiants, la France à la traîne.

Les jeunes étudiants Français ne figurent pas parmi les plus grands jobbeurs du monde. A qui la faute ? Aux programmes académiques trop chargés ? A une carence de l’offre d’emploi adaptée aux contraintes de la vie estudiantine ? Aux bourses trop généreusement distribuées ?

Jeune étudiante  sur le chemin de l'université

Selon les chiffres de la Dares, seulement 23% de nos jeunes étudiants ont une activité professionnelle. Ils sont 40% au Canada et en moyenne 60 % en Europe !

Dans ce presque quart d’étudiants travailleurs, l’organisme rattaché au ministère du travail a compté les apprentis, les internes, les alternants, etc. C’est dire si le chiffre réel, net de tous ces emplois « contraints » est encore plus bas.

Eric Heyer  Directeur du département Analyse et Prévision de l’OFCE dénombre 250 000 étudiants travailleurs en France. Et là il s’agit bien de jobbeurs qui occupent pour la plupart des postes à temps partiel, généralement en soirée ou le week-end. Rappelons quand même qu’en 2019 il y avait 2.7 millions d’étudiants en France. Dans le dernier rapport Eurostudent qui s’intéresse aux conditions économiques et sociales de la vie étudiante en Europe, la France est presque toujours en queue de peloton pour ce qui concerne le travail rémunéré des étudiants. D’où vient donc cette désaffection pour l’emploi salarié alors que, en même temps, on fait état d’une tendance à l’hyper paupérisation de la jeunesse étudiante ?

La gratuité des études supérieures

Dans les pays anglo-saxons, travailler pendant ses études est la norme. La raison invoquée par la grande majorité de ces jeunes travailleurs, c’est la nécessité de générer des revenus pour subvenir aux besoins du quotidien et pouvoir s’acquitter des exorbitants frais de scolarité. En France, l’enseignement public est quasiment gratuit, ce qui place nos jeunes dans une position relativement confortable. De plus, le système de redistribution fonctionne à merveille avec les bourses attribuées en fonction de la situation économique des parents. Du coup, rien ou presque n’incite les étudiants à prendre ces jobs dans l’hôtellerie-restauration, la vente, le baby-sitting, les centres d’appel ou dans les très valorisants services à la personne.

Inadéquation de l’offre

Les Crous ont eu la bonne de créer un jobboard, Jobaviz, lequel publie des offres d’emploi « compatibles » avec les études, c’est-à- dire les jobs qui se déroulent hors temps académique. C’est d’ailleurs peu ou prou la même promesse que formule www.wenites.com, même si la population étudiante n’est pas sa seule cible.

 Si les Centres Régionaux des Œuvres Universitaires et Scolaires en viennent à préciser ainsi leur positionnement, c’est parce que l’offre de jobs dits étudiants partent un peu dans tous les sens, avec des postes soit à temps plein, soit du temps partiel mais dans un créneau compris entre lundi et vendredi, de 9h à 17h… Des leaders étudiants nous ont confié que c’était là une cause du peu d’intérêt de leurs camarades pour l’emploi étudiant.

Travailler ou étudier ?

Les jobs étudiants que nous promouvons sont bien sûrs ceux qui se déroulent hors les horaires classiques du temps académique contraint, les heures de cours. Il existe des milliers d’opportunités d’embauche pour le travail du week-end, le travail du soir voire de la nuit, sans incidence véritable sur la poursuite des études. Travailler pendant ses études est pourtant essentiel, quitte à n’effectuer que quelques heures par jour ou par semaine. Et la motivation financière immédiate ne doit pas être le seul mobile.

Etudiants travailleurs à temps partiel dans le secteur de la restauration

L’un des grands avantages du travail étudiant réside dans le fait qu’il permet un premier contact avec le monde professionnel. Ce n’est pas rien, dans un pays où le mismatch entre formation académique et marché de l’emploi est criard. De plus, quelque soit l’emploi ou le poste que vous occuperez, il vous permettra d’acquérir et de mettre en pratique, l’une des compétences les plus recherchées du moment, le savoir-être. Un job étudiant est souvent la première marche vers la construction d’une riche carrière professionnelle. Il permet dès la fin de ses études de se prévaloir d’une bonne première expérience.

Autre avantage et non des moindres par les temps qui courent, les emplois saisonniers, jobs d’été, jobs étudiants même de quelques heures par semaine donnent droit aux cotisations retraites. Voilà une bonne raison de se lancer dès maintenant !

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